Chaque guérison peut aider à construire un monde plus beau.

Publié le par frigioman

« Lâche », vous avez dit lâche !

Avant, quand mon passé me suivait, me poursuivait, lorsqu'il me rattrapait de trop près, et que cela devenait insupportable, j’utilisais différents erzats, comme le whisky pour éviter la confrontation avec cette histoire. Cela provoquait en moi un séisme affectif qui ébranlait mes fondations.

Aujourd’hui, j’ai entamé un processus de guérison, je dirai même plus, j’ai choisi de me libérer avec amour de ce passé.  Cela m'invite à revenir sur la vie d'avant, sans aucune forme de procès, pour justement avoir une relation saine avec Moi et par ricochet avec les « autres ».

Du coup, il me remonte le souvenir de quelques nuits très assourdissantes surtout lorsqu’on est enfant. Des nuits qui ont fait des ravages dans ma tête pendant très longtemps. Celle-là particulièrement :

Un soir, le ton avait monté entre ma mère et mon père, signal annonciateur que des coups allaient tomber inévitablement, aussi fort que l’intonation des paroles. Nous en étions sûrs mes frères, ma sœur et moi.

Mais cette nuit avait résonné bien plus fort que d’habitude. Toi papa, tu avais essayé d'étrangler maman qui était sortie de la chambre le cou tout bleu, et la discussion, je devrais dire les aboiements avaient repris, terribles abominables, assourdissants. 

J’avais été voir mes frères et sœur, et je leur avais dit : « on va aller assommer papa avec un balai ».

C’était quand même d’une folie grandiose que de croire que de mon mètre vingt, j’allais arrêter mon père qui était une force de la nature de presque deux mètres de haut.

Mes frères et sœur avaient senti combien j’étais fou, car évidemment, ils m’avaient laissé passer loin devant. Voir même je n’avais pas été suivi et, bien sûr, dans ma naïveté, je ne m’en étais pas aperçu.

Imaginez-les 4 Dalton, avec les genoux calleux, dont voici une photo, qui allaient détruire le monstre. Moi j’étais le plus petit, (à gauche de la photo) comment s’appelle t’il le petit Dalton, vous savez le grincheux ?

Charles Eisenstein dit dans son livre « Notre cœur sait qu'un monde plus beau est possible » :

 « Le principe de la résonance morphique valide ce sentiment que nos actes absurdes et invisibles ont une portée qui nous échappe. Quel champ morphique naît de la confiance dans les élans de compassion ? Quel champ morphique naît du geste d'offrir son talent le mieux possible en réponse à des besoins immédiats ? »

 

Imaginez le burlesque d’un enfant avec un balai plus grand que lui, à la conquête d’un géant, blessé, anéanti par un passé qu’il expulsait sur ma mère. J’étais bien prétentieux ou au contraire bien assuré, de croire que j’allais sauver le monde, mon monde, celui de ma mère et de ma famille.  

 

Quand je suis arrivé à toi, Papa, tu en imposais tellement, tu écumais de rage, tu m’as regardé d’un regard assassin et tu m’as dit : « retourne dans ta chambre et va te coucher ». C’était sans équivoque.

Je suis reparti et j’ai pleuré toute la nuit de ma lâcheté de ne pas t’avoir assommé.   Et j’ai porté cette lâcheté pendant 45 ans.

Conséquence : Dès qu’il y avait un conflit, je me mettais en retrait. Et lorsque que, la vie m’envoyait des gens qui appuyaient sur mes blessures, je crachais mon venin, avec la même hargne que mon père, sur des gens, qui étaient, bien entendu, plus petits que moi. 

Dans Ho’oponopono, il est dit que notre esprit subconscient, notre enfant intérieur, « Unihipili », valide ce que nous disons avec émotions. L’émotion que j’ai mise, à cette nuit, pour me traiter de lâche, sans comprendre que c’était insensé, déraisonnable, fou, dément, a été tellement forte que je suis devenu « ce lâche ». 

Cette simple affirmation « je suis lâche » assaisonné des pleurs d’une nuit, a suffi à briser ma vie d'homme pendant très longtemps. Toutes ces années durant lesquelles je n'ai pas cru à l'amour. J’étais circonspect et dubitatif face à lui. Cela s’est traduit par des réactions impulsives pour lesquelles je n'étais maître de rien et surtout pas de moi. Je me sentais meurtri comme un arbre dont on aurait coupé les racines et qui aurait poussé tout de travers.

Mais aujourd’hui, j’ai choisi de me libérer des mémoires qui ne me permettent pas d’être moi. Je choisis et je décide d’être heureux. Cela passe par des actions.  

J’ai fait la paix avec toi papa, en partie grâce à l’interprétation de mes rêves par mon ami Jean Gagliardi, par ma rencontre avec madame et Monsieur Ho’oponopono, et enfin, avec les bienfaits du pardon enseigné par Olivier Clerc.

Je suis très heureux du chemin que nous avons parcouru toi et moi papa, car me guérissant, tu guérissais aussi. (Principe fondamental du Ho’oponopono). Chapitre du livre un monde plus beau)

Quand je fais le point sur ce chemin, je me dis que grâce à toi papa, je ne me suis jamais battu (trop peur). A 66ans, c’est un bel exploit. Cela ne veut pas dire que par la parole, je n’ai pas été redoutable. Je demande pardon à toutes celles et à tous ceux à qui j’ai tranché la gorge par la parole. Mais, pas une bagarre, merci à toi. Je sais que j’aurais pu être terrible si j’avais lâcher ma haine avec mes poings.

En me traitant de lâche, il fallait que je me protège. C’est sans doute ce que j’ai fait en me construisant une carapace de gros mec, avec une envergure assez large. Stature qui m’a bien aidé quand des hommes m’agressaient car je leur faisais sentir qu’ils « ne faisaient pas le poids ». Merci papa.

Impulsif ! disais-je. En 1992 on m’a proposé une mission humanitaire (ma première) en Palestine. 1992, en pleine intifada. Je ne savais rien de ce pays, même pas où il était situé géographiquement, et encore moins du contexte géopolitique qu’il vivait. Déjà, je n’écoutais jamais les informations.  Il fallait être « fada » pour accepter une mission humanitaire comme celle-là. Merci papa, grâce à toi je l’ai faite, car j’avais besoin de défier, de purger, de désinfecter toutes les paroles où tu m’as dit : « tu ne feras jamais rien ».

Que du bonheur, sans la haine aux fesses, je n’y aurais pas été.

Cette mission m’a révélé, m’a affirmé, m’a certifié que j’avais une tâche à accomplir. 

Former des personnes sur l’enfant et le jeu, quand la priorité n’est absolument pas celle-là, n’a été que du défi positif. Que du bonheur.

La première fois que je suis rentré dans le camp de réfugiés de Ramallah, une petite voix m’a dit : « bien venu, chez toi ».

Après, à peu près chaque année j’ai fait une mission humanitaire. Mon travail était, à chaque fois, de remettre les enfants en situation d’enfance par le jeu. 

En guérissant les enfants réfugiés, je guérissais mon enfant réfugié. Que du bonheur.

Les dernières conséquences de cette haine sont que je suis arrivé tout naturellement sur le chemin du pardon.

Une autre révélation pour moi ; permettre aux participants des cercles de pardon de retrouver la liberté d’aimer et de s’aimer.

A force de « remettre l’enfant en situation d’enfance », a force d’accepter le masculin divin, à force de croire en une « présence d’amour » que j’appelle Dieu le père et Dieu la mère, la paix est revenue en moi et avec toi papa.

Aujourd'hui je sais que j'ai besoin d'un père, j'ai besoin de toi, qui m'a manqué si longtemps. Sans ce père, je ne réussirai jamais à devenir un homme accompli. Je sais que nous nous sommes enfin « trouvés »

J'écris juste pour faire une mise au point, pour conjurer le sort que je me suis mis un jour où j’ai dit : « je suis un lâche ».

Je suis content que tu aies changé, papa, que tu sois devenu cet être sensible, chaleureux et intelligent. La présence d’amour Dieu le père et Dieu la mère t’a rattrapé. C’était inévitable.

Je voudrai juste te remercier. Je te demande pardon d’avoir utilisé tes « errances » pour fermer mon cœur à l’amour pendant si longtemps.

Je sais aussi que tu es un très vieux Monsieur. Un pied ici, un pied dans l’autre monde. « Le cul entre deux chaises » dit l’expression populaire.

Sache que si tu dois faire le grand saut de « l’autre côté du voile », tu peux le faire avec tout mon amour.  Car grâce à toi, je suis guéri de cette blessure, le pardon que je me suis accordé, m’en a délivré, et dans le même temps m’a réconcilié avec la gente Masculine.

Merci à toi. Je t’aime et je m’aime.

« Êtes-vous capable de croire que vider le pot de chambre d’une vieille femme peut changer le monde ? Si vous faites cela pour changer le monde, ce ne sera pas le cas. Mais si vous le faites parce que son pot de chambre doit être vidé, alors cela sera peut- être le cas ». Charles Eisenstein

 

Claude Frigiotti dit Frigioman

 

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